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Intervention du Président Hu Jintao à la Réunion de Haut Niveau sur le financement du développement au Sommet marquant le 60e anniversaire de l'ONU(texte intégral)
2005-09-20
Le Président chinois Hu Jintao a prononcé, le 14 septembre 2005, une intervention importante intitulée « Promouvoir un développement général pour la réalisation d'une prospérité partagée » à la Réunion de Haut Niveau sur le financement du développement au Sommet marquant le 60e anniversaire de l'ONU. En voici le texte intégral : Promouvoir un développement général pour la réalisation d'une prospérité partagée -- Intervention de M. Hu Jintao, Président de la République populaire de Chine, à la Réunion de Haut Niveau sur e financement du développement au Sommet marquant le 60e anniversaire de l'ONU (New York, 14 septembre 2005) Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général Kofi Annan, Chers Collègues, À l'occasion du 60e anniversaire de l'ONU, nous nous rassemblons à la Réunion de Haut Niveau sur le financement du développement, pour discuter de la stratégie globale du développement dans le monde et programmer à cet effet l'avenir de la coopération internationale. Cet événement revêt une très haute signification. Avec l'approfondissement continu de la mondialisation économique, les intérêts des différents pays s'entrecroisent, et leurs sorts dépendent les uns des autres. Promouvoir un développement général pour la réalisation d'une prospérité partagée, cela correspond aux intérêts fondamentaux de tous les peuples. Aujourd'hui, les réalités nous assignent des tâches de premier ordre, celle de renforcer la coopération internationale pour le développement, de réduire le fossé Nord-Sud et d'assurer dans ce sens la réalisation des objectifs du Millénaire. Depuis les années 90 du siècle dernier, la communauté internationale est parvenue, à bien des égards, à un consensus important sur la coopération internationale pour le développement. Au Sommet de 2000, les chefs d'Etat et de gouvernement ont adopté à l'ONU la Déclaration du Millénaire et les objectifs du Millénaire, définissant ainsi une feuille de route et un calendrier pour la coopération internationale en vue du développement. Ces dernières années, des progrès ont été enregistrés, grâce au travail assidu mené par l'ONU et ses Etats membres, dans la réalisation des objectifs du Millénaire. Pourtant, force est de constater que la question du développement est loin d'être résolue et que la coopération internationale pour le développement reste une tâche lourde, avec un long chemin à parcourir. Actuellement, environ un milliard de personnes à travers le monde vivent encore dans la pauvreté absolue. Les barrières protectionnistes de plus en plus élevées, le surendettement et la propagation des grandes pandémies comme le sida entravent gravement le développement des nombreux pays en développement, tandis que les problèmes sécuritaires traditionnels et non traditionnels, tels que le terrorisme, les conflits régionaux et la sécurité énergétique, posent de grands défis à la réalisation du développement partagé dans le monde. Pour la mise en œuvre des objectifs du Millénaire et le renforcement de la coopération internationale dans l'intérêt d'un développement général et d'une prospérité partagée, j'aimerais vous présenter les propositions suivantes : - Approfondir la réforme afin de rendre les systèmes et les règles économiques internationaux plus justes, plus rationnels et surtout plus aptes à traduire les préoccupations des pays en développement, de façon à faire évoluer la mondialisation économique vers l'équité, le bien commun et le gagnant-gagnant. Par conséquent, il faut perfectionner le système financier international, afin de créer un environnement financier favorable aux pays en développement et d'accroître le droit au chapitre de ces derniers dans les institutions financières internationales. Il faut en outre préserver et améliorer le système du commerce multilatéral, afin d'établir un cadre commercial favorable aux pays en développement. Les différentes parties doivent répondre effectivement, en faisant preuve de sincérité et de souplesse, aux préoccupations des pays en développement, et travailler activement à l'achèvement réussi du cycle de Doha en 2006, de sorte qu'il donne des résultats équilibrés dans tous les domaines. - Respecter la diversité des modes de développement et promouvoir les échanges des expériences en matière de développement. Il est essentiel pour tout pays désireux de se développer de choisir indépendamment une voie et un mode de développement adaptés à ses réalités nationales. Ces dernières années, certains pays en développement, en mettant en valeur leurs atouts et en saisissant bien les opportunités offertes par la mondialisation économique et les progrès scientifiques et technologiques, ont obtenu une croissance rapide et accumulé des expériences profitables. Il est donc utile, pour les différents pays, de renforcer l'échange d'expériences et de s'inspirer mutuellement en vue d'améliorer la capacité de chacun à se développer. - Établir un cadre juste, rationnel et efficace pour évaluer à temps le processus de réalisation des objectifs du Millénaire au niveau national, contrôler et promouvoir l'application des engagements sur la coopération internationale et l'aide au développement. Les pays en développement doivent améliorer leur compétitivité, en y œuvrant eux-mêmes et en coopérant les uns avec les autres. Les pays développés doivent à fortiori impulser activement la croissance économique mondiale et aider, en prenant des mesures effectives dans les domaines importants comme l'élimination de la pauvreté, l'assistance financière et le désendettement, les pays en développement, notamment les pays africains et les pays les moins avancés (PMA), à accélérer leur développement. La communauté internationale doit considérer l'élimination de la pauvreté comme la première priorité du renforcement de la coopération internationale pour le développement et augmenter dans de fortes proportions les ressources financières affectées à cette fin. Tout en cherchant activement de nouveaux moyens de financement, elle doit atteindre cet objectif consistant à amener les pays développés à consacrer 0,7% du PNB à l'aide publique au développement. Avec au total 2 200 milliards de dollars US comme dettes extérieures, les pays en développement, en particulier les PMA, souffrent d'un surendettement chronique. La communauté internationale, notamment les pays développés, doivent prendre des mesures effectives, celles de réduire considérablement les dettes, de simplifier les procédures et de diminuer les conditions en la matière, pour que les pays en développement puissent s'affranchir du cercle vicieux du surendettement et s'adonner sans entraves à la croissance économique. - Accroître le rôle de l'ONU dans la promotion de la coopération internationale pour le développement. Il importe que l'ONU retienne le développement comme une tâche majeure à accomplir, perfectionne les mécanismes et améliore sa fonction. Elle doit, en faisant valoir son rôle en tant qu'enceinte privilégiée conduisant à dégager des consensus, d'édicter des règles et d'assurer la participation, mieux coordonner son action et coopérer avec l'OMC, la Banque mondiale, le FMI et les autres institutions internationales et régionales, pour optimiser l'utilisation des ressources et créer une synergie, de façon à procurer aux pays du monde, notamment aux pays en développement, un environnement international favorable au développement et à leur apporter dans ce sens une aide et un soutien énergiques. Monsieur le Président, Chers Collègues, La Chine est le plus grand pays en développement dans le monde. Les 1,3 milliard de Chinois, animés d'un esprit créateur, avancent dans la voie d'un socialisme à la chinoise et travaillent d'arrache-pied pour développer davantage leur pays et améliorer encore plus leur niveau de vie. Ils adhéreront fermement à un concept scientifique essentiel, celui d'un développement économique et social qui se veut global, équilibré, durable et axé sur l'homme. Ils continueront à concentrer leurs efforts sur la construction économique, considérant toujours comme l'objectif fondamental du développement l'amélioration du niveau de vie de la population. Ils travailleront énergiquement à créer une société économe en ressources naturelles et respectueuse de l'environnement en poursuivant la voie d'un développement harmonieux, caractérisé par une production croissante, une vie aisée et un environnement écologique. La Chine appliquera sans défaillance sa politique fondamentale d'ouverture sur l'extérieur. Elle œuvrera à établir un réseau de marchés plus ouverts et participera plus amplement à la coopération et à la concurrence économique et technologique internationales, dans des domaines plus variés et à des niveaux plus élevés. Elle mènera, sur un pied d'égalité, une coopération d'envergure avec les autres pays du monde, pour un réel partage des intérêts dans l'esprit du gagnant-gagnant. Elle remplira strictement ses engagements pris lors de son entrée à l'OMC, en baissant davantage ses taxes douanières et ouvrant encore plus son marché. Une croissance économique régulière de Chine apportera, comme par le passé, une contribution de poids au développement économique mondial. Étant elle-même un pays en développement à revenus moyens-bas, la Chine reste confrontée à nombre de défis et difficultés dans sa marche sur la voie du développement. Mais, elle n'hésitera pas à faire le maximum d'efforts pour appuyer et aider les autres pays en développement dans leurs efforts d'accélération du développement. Elle a accordé un traitement préférentiel des tarifs douaniers à plus de 30 PMA et réduit des dettes en faveur des pays concernés. Par ailleurs, elle a contribué, par son initiative, à l'instauration de mécanismes de coopération comme le Forum sur la Coopération sino-africaine et le Forum sur la Coopération sino-arabe. Elle a encore créé, à la Banque asiatique de Développement, un fonds pour la réduction de la pauvreté et la coopération régionale auquel elle a apporté des dons. En mai 2005, elle a proclamé l'inauguration officielle à Beijing d'un centre international de réduction de la pauvreté, dans le but de contribuer à l'élimination de la pauvreté dans le monde. Pour renforcer davantage les aides à l'égard des autres pays en développement, la Chine envisage de prendre de nouvelles mesures que voici : 1. Accorder le traitement de tarif douanier zéro à certaines marchandises des 39 PMA ayant des relations diplomatiques avec la Chine. La majorité des produits d'exportation vers la Chine pourront en bénéficier. 2. La Chine continuera à accroître le volume de son assistance aux PPTE et aux PMA. Dans les deux ans à venir, elle annulera ou éliminera par d'autres moyens, par voie bilatérale, la totalité des prêts gouvernementaux sans intérêts et à bas intérêts échus fin 2004 qu'elle a consentis aux PPTE ayant des relations diplomatiques avec elle. 3. Dans les trois ans à venir, la Chine accordera aux pays en développement des prêts préférentiels et des crédits acheteurs préférentiels d'un montant total de 10 milliards de dollars US, destinés au renforcement de la construction d'infrastructures dans ces pays et à la coopération sous forme de joint-venture entre les entreprises des deux côtés. 4. La Chine accroîtra les aides et fournira, dans les trois ans à venir, des médicaments efficaces contre le paludisme et d'autres médicaments aux pays en développement, notamment aux pays africains, et les aidera dans la création et l'amélioration des installations médicales ainsi que dans la formation du personnel médical. Toutes ces mesures seront appliquées à travers des mécanismes comme le Forum sur la Coopération sino-africaine ou par voie bilatérale. 5. Dans les trois ans à venir, la Chine entreprendra de former 30 000 personnes spécialisées dans différentes disciplines en faveur des pays en développement, pour les aider à accélérer la valorisation des ressources humaines. Monsieur le Président, Chers Collègues, La Chine voit son développement étroitement lié à celui de l'ensemble du monde. Elle entend donc œuvrer de concert avec les autres pays pour faire du 21e siècle « un siècle qui profite réellement à tous ». Je vous remercie.


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